La mondialisation des virus
La mondialisation des virus est un phénomène aussi vieux que la colonisation, soit à partir du XVème siècle. En effet, à cette époque on assiste aux premiers déplacements en masse de populations, notamment d’esclaves, pour aller travailler dans le nouveau monde. De plus, l’expansion de commerce international n’a fait qu’aggraver ce phénomène. En effet, outre les cargaisons de produits (café, vanille,…) que ramènent les bateaux des îles, ceux-ci transportent également les virus à travers le monde. Or, depuis ces derniers jours, le développement exponentiel du commerce international nous fait craindre le pire. Dernier exemple en date, la grippe « porcine » (devenue H1N1). L’épidémie serait partie d’un élevage de porc au Mexique, avant de s’expatrier partout dans le monde.
Les bactéries multi-résistantes (BMR)
Un nouveau phénomène est apparu avec la mondialisation : la résistance des bactéries aux antibiotiques. Comment font-elles ? Elles profitent des erreurs humaines. Explication.
Un antibiotique est fait pour tuer une souche particulière d’un type de bactérie, ils sont donc très sélectif. Or, ces bactéries vont muter au cours des années, obligeant les firmes pharmaceutiques à inventer de nouvelles molécules régulièrement. Or, depuis des décennies et avec la banalisation des antibiotiques, ses bactéries subissent une pression de sélection beaucoup plus importante, les obligeants à muter plus régulièrement si elles veulent survivre. Et c’est bien là le problème. En effet, la création d’une nouvelle molécule antibiotique prend énormément de temps (depuis sa création en laboratoire, jusqu’à sa demande de mise sur le marché, en passant par les essais cliniques), or les bactéries mutent plus vite que les Hommes ne crées de nouvelles molécules. L’Etat français (et plus généralement l’Europe) a donc tirer le signal d’alarme pour enrayer ce phénomène de résistance, qui fait plus de 25 000 morts en Europe tous les ans. D’autant que ce phénomène va en s’accélérant.
Réduire l’utilisation d’antibiotiques
Les solutions, dissuader d’utiliser des antibiotiques dans les cas mineurs, pour que ceux-ci restent efficace dans les cas les plus graves. Les moyens, communiquer auprès des médecins et de la population sur les risques encourus d’une sur-utilisation. D’où le fameux slogan : « les antibiotiques c’est pas automatiques ». Le problème est que tous les pays ne réagissent pas de la sorte. En effet, en Inde par exemple, il n’est pas nécessaire de se procurer une ordonnance pour avoir accès aux antibiotiques. De ce fait, la population utilise à outrance des antibiotiques. Vous me direz « mais en quoi cela nous concerne-t-il ? ». Bien au contraire, si une bactérie mute et résiste aux antibiotiques dans un pays, mondialisation oblige (comme dit ci-dessus) celle-ci se retrouvera tôt ou tard chez nous, avec les conséquences que l’on connaît (lire plus bas).
Un exemple en guise d’alerte
Ces dernières années, les exemples de résistance de bactéries aux antibiotiques ne manquent malheureusement pas. Dernière en date, la résistance de la bactérie Klebsiella pneumonia apparue à l’hôpital de Massy (Essonne) et qui a fait 3 morts. Cette bactérie multi-résistante a été apportée par un touriste grec et s’est étendue à tous le bassin méditerranéen, en Angleterre et aux Etats-Unis. Preuve que les bactéries aussi aiment voyager !